Histoire de Cobonne

Église de Cobonne
L’église de Cobonne en 2012

Commune du département de la Drôme, Cobonne, un des dix-huit villages perchés du Val-de-Drôme, est situé à l’est du Rhône ; jusqu’à la Révolution, il faisait partie de la seigneurie de Montoison dont la famille de Clermont a été propriétaire. Le cœur historique du village est situé au pied du Vercors et, du temps passé, Cobonne a gardé son église, une partie de ses remparts, des tours et un donjon. Placée sous le vocable de saint Pierre, dominant le village, le chœur tourné vers l’orient comme le voulait la tradition chrétienne, l’église appartient au style roman et jouxtait une maison fortifiée aujourd’hui disparue ; sa construction a débuté au XIIe siècle, sans qu’on puisse préciser davantage la date de la naissance de la communauté villageoise dont la première mention dans un texte apparaît vers 1150. Le village a été pourvu d’une enceinte au XIVe siècle, période de guerre et d’instabilité s’il en fut, et deux portes donnaient accès au village. Seule demeure celle du côté Nord, toute proche de l’église. 8 tours et un donjon haut de 22 mètres complétaient le rempart et assuraient la défense du village et la protection des habitants. Postérieur à l’enceinte, le donjon prenait appui sur la 4e travée et sur l’abside de l’église et, certainement, a affaibli l’endroit où il portait. Un texte du XVIIe siècle qui relate une visite épiscopale nous apprend que le chœur de l’église était ruiné. Ce fut peut-être à cette occasion que, pour rendre à l’église sa solidité, un cul-de-four remplaça le chœur originel et qu’une travée fut démolie. L’église était réduite désormais à une nef de 3 travées délimitées par des arcs muraux et au cul-de-four où subsiste un fragment d’une fresque qu’il est bien difficile de dater. Ces bouleversements sont encore reconnaissables à l’extérieur de l’église, au pied du donjon.

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L’école et la Mairie de Cobonne bombardées en 1944

En juillet 1944, la seconde guerre mondiale a frappé Cobonne dans deux de ses symboles, l’école publique et la mairie, détruites par un bombardement, l’ennemi ne doutant pas que le village abritait des combattants de la compagnie Chapoutat. Si aucune victime ne fut déplorée, la plupart des archives communales furent détruites et il fallut reconstruire ces bâtiments publics à la périphérie du village où ils sont demeurés.

Au XIXe siècle une certaine prospérité avait fait vivre le village, prospérité due à la culture de la vigne et à l’élevage des vers à soie. En 1886, Cobonne comptait 272 habitants ; en outre, y étaient implantées des activités industrielles : un moulinage de soie, une usine de billes de pierre et une papeterie. À cela s’ajoutait l’agriculture traditionnelle des céréales et de l’élevage (Cobonne se trouvait sur le chemin de transhumance vers les plateaux du Vercors). La relative prospérité a conduit des Cobonnois à construire de nouveaux bâtiments dans la vallée et à s’y s’installer ; en revanche, le mouvement s’est accentué en raison de la crise du phylloxéra et de l’importation de la soie venue de l’Orient et, déjà entamé avant la Grande Guerre, le déclin économique du village, comme celui de toutes les campagnes drômoises, s’accentua.

Cobonne désertée après la guerre
Cobonne désertée après la guerre

Les activités périclitant, le village fut abandonné peu à peu -en 1945 une seule maison était occupée- et les habitants demeuraient dans la vallée de la Sye, tant pour continuer les activités agricoles que pour se rapprocher de la vallée du Rhône où se trouvaient les emplois. Cobonne n’était pas loin de disparaître et, sans la volonté de quelques personnes qui refusaient obstinément la mort du village, il ne serait plus qu’un amas de pierres et aurait fait usage de carrière. Anciens habitants et nouveaux arrivants créèrent l’association des Amis du Vieux Cobonne et œuvrèrent ensemble pour faire revivre un patrimoine sans le scléroser ni le figer, et pour redonner vie au village en y associant tous les Cobonnois. Si le village ne bénéficie d’aucune protection au titre des monuments historiques ou des sites (aucun bâtiment n’est classé ni inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, seule est protégée la cloche sur laquelle on peut lire la date 1550), l’action de la Municipalité conjuguée avec celle des Amis du Vieux Cobonne a permis de conduire une restauration qui respecte le caractère rural du village et en préserve la beauté toute simple. De nos jours, les activités agricoles perdurent dans la vallée et Cobonne qui, au dernier recensement, compte 160 habitants, a su garder son école publique fréquentée par une vingtaine d’enfants réunis en une classe unique.

José Lothe, Maire de Cobonne

Consultez la presentation de Cobonne réalisée par les Amis du vieux Cobonne à l’occasion de la visite de la Société de Sauvegarde des Monuments Anciens de la Drôme (SSMAD) en septembre 2015.

Remerciements aux Amis du vieux Cobonne pour les photographies.